mardi 23 janvier 2018
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Ouverture du 11è Festival des Arts du Pacifique

X14Le festival commence fort : feux d'artifice à 5 heures du matin pour l'accueil des va'a. Nous attendent à tatahi non seulement une foule mais surtout des va'a sans balanciers, des va'a de guerre, comprenant une vingtaine de rameurs...

deux par sièges de sorte que chaque rameur ne rame que d'un coté.

Ces va'a se mettent à une centaine de mètres de la plage et se lancent dans des courses effrénées jusqu'à foncer dans la foule au bord de l'eau, suscitant rires et cris de joie. À notre approche, la délégation maori entre dans l'eau et entame haka et 'orero en l'honneur de Haunui, suivent les Samoa qui se mettent à danser devant Gaualofa. Nous voyons des mètres de pareu déambuler sur la plage ; ce sont des fidjiennes qui courent vers Uto ni Yalo. Nous cherchons des yeux la délégation tahitienne mais nous sommes divertis par les Rapa Nui qui viennent danser devant notre pirogue en l'honneur de Francisco, notre ihitai de Rapa Nui. Nous nous approchons du bord et avec Francisco à l'avant, nous les surprenons en dansant un haka qu'il nous a appris en mer. Les danseurs Rapa nui, de la plage se mettent à danser avec nous. Ce partage spontané nous réjouit, Francisco est ravi...

Jean-Claude qui est à bord enchaine sur notre patautau, Matahi qui nous filme sur la plage baisse sa caméra et fait le patau avec nous ! Nous repartons au large, en voyant enfin notre drapeau sur la plage. La délégation tahitienne est coincée dans la foule, elle ne peut s'avancer, tant pis. Nous nous faisons de grands nana, nous savons que nous les reverrons plus tard...

Pas le temps de traîner, il faut se préparer pour le défilé de la cérémonie d'ouverture. Nous arrivons au lieu de rendez-vous où règne déjà une certaine euphorie, les différentes délégations chantent ou dansent en attendant le début du défilé. La délégation Salomonaise fait sensation. Elle comprend des représentants de plusieurs provinces. Il y a des chasseurs avec des grosses perruques sur leurs têtes et leurs mentons, d'autres hommes ont comme couvre-chefs, des gros becs d'oiseaux, des femmes ont le corps peint de jaune et d'orange, d'autres encore ont des tatouages qui ressemblent un peu aux nôtres. Le défilé dure toute l'apres-midi, il y a des milliers de spectateurs qui crient de joie à chaque passage de tous les groupes. L'ambiance est extraordinaire. Le soir arrive, tout d'un coup il y a un panne de courant, c'est le "black out" total. Les spectateurs sortent leurs vini et on a l'impression d'assister à un spectacle de lumière, c'est génial !

Dans la pénombre le spectacle démarre. Le thème du festival est "Culture en harmonie avec la nature" et le spectacle le résume bien : au début, un couple danse pendant que plusieurs personnes, portant des animaux en carton-pâte sur leurs têtes déambulent sur tout le stade, c'est l'harmonie entre hommes et nature. Puis l'homme devient exploitant des matières premières et c'est le chaos. Arrivent alors de nombreux joueurs de flûtes Salomonaises, ils sont assis sur des escaliers et se balancent inlassablement tout en jouant, l'harmonie revient doucement puis les joueurs de flûtes se lèvent et dansent, d'un pas unique, tous en rythme ; c'est le clou du spectacle qui tout le long est agrémenté du plus beau feu d'artifice que j'ai jamais vu. C'est le clou du spectacle car ces gestes rythmiques exécutés par les joueurs de flûtes en costumes traditionnels - alors qu'autour d'eux, il y a : les autres figurants en costumes modernes, la musique moderne mixée avec les sons des flûtes, les feux d'artifice – ces gestes constants et répétitifs nous montrent que les vérités fondamentales de la sagesse autochtone nous permettent de vivre en harmonie avec notre environnement. Si nous connaissons et vivons notre culture, nous serons aptes à être comme ces joueurs de flûtes imperturbables, nous serons aptes à produire des sons harmonieux, des notes pures, qui peuvent garder ou rétablir l'harmonie, avec la nature et entre les hommes.

La panne d'électricité a été fortuite au spectacle éclairé uniquement du coup par les feux d'artifice. Les figurants plongés dans une semi obscurité semblent irréels, on croirait voir des menehune, des elfes et des anges.

Maintenant il faut rentrer et c'est de la folie en dehors du stade tellement c'est bourré de monde. Après au moins quarante cinq minutes d'attente, Tua arrive à nous dégoter un camion. Nous sautons tous dans la benne. Nous arrivons au va'a fatigués. Il est 23h00 et la journée a démarré à 4 heures du matin. Titaua, André et moi devons maintenant assurer le quart de nuit. Dur dur !

La journée a été grandiose, le spectacle est une superproduction qui a du coûter énormément et pourtant, le message est clair : cela vaut la peine d'investir dans la culture et les arts traditionnels. Ce n'est pas peine perdue, ni de l'argent gaspillé. C'est au contraire investir dans la protection de notre environnement menacé par la nature destructive de la mondialisation.

Tena atu te aroha.


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